le masque au Carnaval de Venise

le masque au Carnaval de Venise

Les masques et la ville de Venise ont une longue histoire commune souvent associée aux festivités  carnavalesques qui, à certaines époques, ont pu durer jusqu’à six mois de l’année. Mais le port du masque n’était pas uniquement lié aux fêtes, il pouvait se porter, durant une période fixée par les autorités de Venise, à tout moment de la journée : pour faire ses courses, rendre visite, se promener….

 Brève histoire du masque à Venise

Si dans l’imaginaire collectif le masque vénitien remonte à la nuit des temps carnavalesques, il n’a de loin pas toujours eu la forme lissée et fantomatique  du volto que nous lui connaissons aujourd’hui.

leonardis giocomo 1765L’origine du masque à Venise reste un mystère, et l’on ne peut pas dire exactement à quelle époque il s’est imposé dans la vie vénitienne. Certains historiens avancent qu’il serait une imitation des femmes voilées d’Orient, après la Conquête du Levant en 1204. Il s’impose peu à peu dans les fêtes du XIIIème siècle, et déjà en 1268 est relevée une interdiction pour les personnes en masque de lancer des œufs depuis les fenêtres.  On retrouve un décret du Grand Conseil du 22 février 1339 demandant aux personnes masquées de ne pas se promener de nuit dans la ville, ainsi que d’entrer dans les églises et les monastères de femmes.

Au XV ème siècle, le port du masque est suffisamment répandu pour justifier la création de la profession de mascareri ou fabriquant de masques, et après 1550 les masques de la Comédia del Arte deviennent partie intégrante du carnaval.

Le Carnaval à Venise 1862 Ch Lalaisse

Le Carnaval à Venise 1862 – Ch Lalaisse

Les gravures les plus anciennes sur les masques au Carnaval de Venise remontent à la fin du XVI ème siècle. On pouvait alors rencontrer des masques d’hommes sauvages, de femmes démoniaques, de paysans, des masques caricaturant d’autres nationalités, les masques de caractère de la Comédia del Arte... Le Jeudi Gras, on portait un masque gras et rougeot appelé « Berlingaccio » dont on trouve peu de traces.

Il faut alors différencier le masque de carnaval, fantaisiste, caricatural, coloré, du masque silencieux, blanc, porté également hors de la période carnavalesque et dans les lieux fermés. C’est au XVIII ème que le masque blanc (volto, bauta) va devenir le masque le plus répandu.

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 Principaux masques portés au XVIII ème siècle à Venise

– Le volto ou masque complet : sans expression, il couvre entièrement le visage.

illustration de la pièce de Goldoni "Donne gelose" Les protagonistes sont masqués, attablés à ds tables de jeu

Illustration de la pièce de Goldoni « Donne gelose ». Les protagonistes sont masqués, attablés à des tables de jeu

– La bauta, masque rectagulaire laissant le menton libre. La bouche avance en forme de bec ce qui déforme le son de la voix. Il permet de boire et de manger. Porté le plus souvent à l’extérieur avec un grand manteau noir (tabarro) et un tricorne, il se gardait dans les intérieurs pour garder l’anonymat, notamment dans les salles de jeu.

 

Giovanni Grevembroch, XVIII ème siècle, femme portant la Moretta

Giovanni Grevembroch, XVIII ème siècle, femme portant la moretta

 

 

 

– la moretta, masque ovale de couleur noire s’appliquant sur la face et tenu par un bouton serré entre les dents, ce qui imposait au silence, principalement porté par les femmes.

– le loup, de forme rectangulaire cachant la zone entre le front et la bouche, ne laissant apparaître que les yeux. Il apparaît au XIII ème siècle sous l’appellation « touret de nez », et évolue au XVI ème siècle sous forme d’un demi-masque. Au XVIIIème,  les hommes pouvaient porter un loup à barbe de dentelle.

Le masque du Carnaval de Venise, aujourd’hui

masque vénitien volto blanc atelier la Colombe StrasbourgDepuis 1980, le renouveau du carnaval a dopé la production des masques, qu’ils soient artisanaux ou industriels. Le volto y garde une place prépondérante. Il est l’apanage privilégié des costumés déambulant sur la Piazza San Marco ou le long de la lagune.

Encore principalement blanc dans les années quatre-vingt, il a pris peu à peu de la couleur, des dorures, des paillettes et des pierres, mais ses formes continuent à s’inspirer de celles du XVIII ème….

Par contre le loup est plus recommandé pour accompagner les costumes historiques, pouvoir entrer déguster un chocolat chaud au célèbre Café Florian ou participer à l’une des nombreuses soirées organisées dans les palais vénitiens….

Les masques sont, à l’origine, fabriqués en papier mâché, technique encore employée par les artisans et artistes locaux, qui font parfois des masques de superbes œuvres d’art,  mais on trouve de plus en plus de masques fabriqués dans des polymères en provenance de l’étranger….

Masques décorés par Analisa dans l'Atelier Schegge à Venise

Masques décorés par Analisa dans l’Atelier Schegge à Venise

Si le masque en papier mâché est le plus authentique, il a le défaut de se tordre et de se déformer par la chaleur et la transpiration quand on le porte de nombreuses heures…. Les costumés tendent à privilégier les masques en résine recouverts de papier projeté. Ils ne se déforment pas, se nettoient d’un coup de lingette, ce qui s’avère pratique lorsqu’ils servent plusieurs jours d’affilée. Par contre, fabriqués en série, ils se ressemblent tous dans la forme, seule la décoration les différencient.

Depuis quelques années, Venise est envahie de masques fabriqués et peints dans les pays asiatiques et notamment en Chine. Très peu chers, ils sont aussi, hélas, de piètre qualité…. Alors, attention si vous achetez un masque à Venise, surtout dans les boutiques ambulantes.

Certains mascareri sont recherchés pour la qualité de leurs masques en papier maché,  la finesse de leur coup de pinceau, et les bonnes adresses se donnent « sous le masque »…. Les masques vénitiens de l’entreprise familiale Schegge sont très prisés des costumés pour la finesse de leurs traits. Ce sont les plus anciens fabricants de masques de Venise. Le magasin se trouve 6185, calle longa Santa Maria Formosa Castello.

 

Les masques vénitiens de l’Atelier la Colombe

L’Atelier la Colombe est distributeur de la production de masques de petites entreprise vénitiennes situées dans la banlieue de Venise.

Les masques de notre boutique sont fabriqués dans une résine, ce qui les rend très résistants, et sont recouverts d’un enduit permettant une bonne adhérence des peintures et colles.

Nous proposons une gamme de masques blancs à porter tels quels ou à décorer soi-même, une collection de masques décorés élaborés au sein des ateliers de masques de Venise, ainsi que certains masques décorés par Laurence Bour, plasticienne travaillant à l’Atelier la Colombe.

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masque vénitien peint à Venise

Masque vénitien peint à Venise

masques peints à l'Atelier la Colombe par Laurence BOUR

Masques peints à l’Atelier la Colombe par Laurence BOUR

 

 

 

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