Habit, redingote, jaquette, queue de pie, frac

Habit, redingote, jaquette, queue de pie, frac

 

 

Habit, redingote, jaquette, queue de pie, frac, quelles  différences  ? D’où viennent -ils ?

C’est une lente évolution qui fera passer la veste d’homme, nommée justaucorps pendant la première moitié du XVIII ème siècle, à la queue de pie noire portée encore de nos jours par les chefs d’orchestre, les musiciens, et  les hommes dans les soirées très habillées.

Du justaucorps à l’habit

Louis XIV  Un justaucorps à basques droites Gravure Antoine Touvain

Louis XIV
Un justaucorps à basques droites avec de grands godets dans le dos
Gravure Antoine Touvain

habit à la française sous Louis XVI

habit à la française sous Louis XVI

frac en laine bleu marine 1815

frac en laine bleu marine 1815

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est à la fin du règne de Louis XV que le mot justaucorps est remplacé par le mot habit. Durant le règne de Louis XV, l’habit d’homme se rétrécit, il perd l’ampleur des plis des basques dont les pans ne tombent plus à la verticale sur les jambes, mais s’écartent en ligne courbe en s’ouvrant sur le gilet. Les habits sont encore très luxueux, en soie ou en velours, recouverts de broderies.

Le col rabattu apparaît vers 1785. sous le Directoire. Il devient énorme avec des revers de veste volumineux. L’habit perd son arrondi au profit d’un angle dégageant les jambes. Mais à la Restauration, seuls les habits de fonctionnaires officiels ont encore le col droit. L’habit civil est en drap avec un col rabattu et revers en châle.

 

Un vent nouveau d’Outre-Manche

habit de cheval et redingote en 1835

habit de cheval et redingote en 1835

Apparue après la guerre de 7 ans (1756-1763), l’anglomanie, véritable phénomène dans les mutations de l’élégance au masculin, est à l’origine des tenues masculines actuelles qui ne subiront d’ailleurs que très peu de transformations entre la fin du 19ème siècle et aujourd’hui.

La jeunesse est fascinée par tout ce qui est anglais. A Paris, les philosophes anglais jouissent d’une belle réputation.  Mais c’est surtout la passion des anglais pour le cheval, qui, contagieuse, va influencer la mode masculine. Les tenues portées à cheval sont plus adaptées et plus légères que les lourds habits portés par les Français. Peu à peu, l’aristocratie et la bourgeoisie françaises vont modifier leurs habitudes vestimentaires. La soie va être abandonnée au profit de la laine.

 

L’habit et le frac

"Beau"Brummel, un dandy qui a donné à l'élégance masculine ses lettres de noblesse

« Beau »Brummel, un dandy qui a donné à l’élégance masculine ses lettres de noblesse

Tous deux sont des termes génériques désignant soit la jaquette, soit la queue de pie. La différence est l’origine du mot. Si habit est d’origine française, frac est d’origine anglaise. Le mot, apparu vers 1767, est dérivé de « frock », vêtement d’homme.

L’histoire de l’élégance masculine au XIX ème siècle en a codifié le port, et à moins de vouloir passer pour un excentrique, il est de bon ton de suivre ces prescriptions. Ces vêtements ne se portent qu’en certains lieux et à certaines occasions. Mais l’habit, ou plutôt le frac, est resté l’uniforme porté par les étudiants de l’Eton Collège, l’un des établissements scolaires anglais les plus réputés au monde.

 

 La jaquette

La jaquette est de mise aux courses d'Ascot

la jaquette est de mise aux courses d’Ascot

On peut penser que la jaquette est le prolongement de l’habit à la française, dans ses formes. Comme l’habit porté sous Louis XVI, ses pans arrondis s’écartent à partir du bouton sur l’estomac.

En France, elle doit ses lettres de noblesse au Prince de Sagan et au Marquis Boniface de Castellane-Novejean, célèbres dandys du XIX ème siècle, tous deux grands amateurs d’équitation. Ils portaient la jaquette le matin pour la promenade à cheval.

Obligatoire pour pouvoir assister à la célèbre course hippique d’Ascot, elle est la tenue des grandes cérémonies  de journée et le costume de mariage par définition en France.

La jaquette, faite de laine, est grise ou noire. Elle se porte avec un gilet gris perle, un haut de forme, une chemise à col cassé blanche assortie d’un ascot et de sa perle.

 La queue de pie

queue de pie

queue de pie

La queue de pie est la version civile du vêtement d’apparat porté par les fonctionnaires et les officiers depuis le Directoire. En tenue de jour, elle pouvait être de couleurs différentes suivant les modes.

C’est vers 1860 que cet habit est devenu tenue de soirée en adoptant définitivement la couleur noire. Cette habitude viendrait des gentlemen-farmers, qui chevauchaient à travers leurs terres durant la journée. Ils ne voulaient pas dîner encore imprégnés de l’odeur de l’animal. Ils revêtaient un vêtement pour passer à table, habitude élégante qui se diffusa rapidement en ville. Ce vêtement était copié du vêtement militaire.

Les basques de la queue de pie arrivent aux genoux en formant un arrondi plus ou moins pointu qui rappelle la queue de la pie. Ne pas confondre avec la queue de morue dont la basque est plus courte et rectangulaire.

Cette tenue se porte obligatoirement avec un gilet blanc en coton piqué, ainsi qu’une chemise à col cassé et un nœud papillon. Le pantalon, noir, est toujours composé de deux bandes de satin sur les cotés extérieurs. Le haut de forme, indispensable lui aussi, parfait et complète la tenue.

 La redingote

Ernest André, banquier et député en redingote

Ernest André, banquier et député en redingote

Apparue sous la Régence (1715-1723), c’est à son origine un vêtement porté par-dessus le justaucorps avec une fente dans le dos pour pouvoir chevaucher. Son nom vient de la déformation des mots anglais « riding coat » : vêtement pour monter à cheval. Elle est alors considérée comme négligée, débraillée et sans-façon.

Sous Louis XVI, la redingote devient plus fine, plus élégante au point de remplacer parfois l’habit. Comme la jaquette et la queue de pie, elle suit l’influence anglaise et notamment celle du célèbre dandy Georges Brumell qui introduit, puis établit, la tendance masculine à porter des costumes de couleur sombre avec des pantalons longs , de style discret mais raffiné, et admirablement coupés, ornés de cravates minutieusement nouées.

La redingote se porte exclusivement de jour.

 

 Ce qu’il faut retenir

La redingote, vêtement de jour, est tombée en désuétude mais refait de courtes apparitions sans toutefois redevenir une pièce de vêtement commune.

– La jaquette se porte encore de nos jours. C’est un vêtement de journée. Elle est de mise aux grandes courses hippiques, et dans les mariages.

– La queue de pie est restée le costume de grande cérémonie par excellence. Elle est portée dans les concours hippiques, dans les orchestres,  dans les dîners de gala et les bals mentionnant le dress code « white tie ».

Si ces trois tenues se portent avec un haut de forme, ne pas oublier que le chapeau ne se porte qu’en extérieur. Il reste au vestiaire !!! avec le manteau.

Quant au smoking, vous en saurez plus en lisant l’article le smoking de monsieur Bond

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